Introduction

1877. Ploudalmézeau

On entend au loin le lourd bruit des sabots frappant le sol. Alors, en tendant l’oreille, derrière le talus un chant s’élève. On ne le perçoit pas bien encore, mais bientôt il est repris en chœur.

Ni une ni deux, on traverse le champ voisin à grands pas. Aujourd’hui on danse. Il faut dire que la journée a été rude. Quelques cris se font entendre. On presse le pas.

Enfin, on contourne le corps de ferme, et on aperçoit la ronde.



130 années plus tard, Ploudalmézeau.

 C’est presque l’heure, on attend les derniers. Ce soir aussi on danse. Il faut dire que la journée a été rude.

Vingt-heure trente et des poussières, un chant s’élève. Le temps de le mettre un peu plus fort, et les pieds commencent à frapper le sol carrelé.

Devant nous, un grand tableau nous présente huit petits pieds.

 Un nouveau chant s’élève… Gauche, Droite, Gauche, Droite…


Près d’un siècle et demi plus tard, au même endroit, ces quelques danseurs font revivrent une pratique traditionnelle.

 Actuellement, en Bretagne, l’intérêt pour la musique et la danse traditionnelles n’a jamais été aussi prononcé. Depuis longtemps, on a fait reprendre vie à une culture traditionnelle.

 Lorsque nous parlons de tradition, nous nous devons de prendre en compte son évolution. Chaque époque, chaque génération fait évoluer la tradition, consciemment ou non. Car la société a changé, ses acteurs et leurs contextes culturels également.

 Aujourd’hui, la pratique traditionnelle de danse et de musique bretonne est un métissage entre éléments traditionnels et éléments évolutifs, “importés”.

Le répertoire du Bas-Léon est actuellement largement pratiqué ; ses éléments caractéristiques proviennent de la tradition, du revivalisme et du métissage.

Dans cette étude, nous tenterons de présenter, de discerner et d’expliciter ce curieux rapport tradition-évolution.


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